Vente après donation-partage : comment calculer la plus-value en 2026
La vente après donation partage plus-value est un sujet qui soulève de nombreuses interrogations chez les héritiers et donataires. En 2026, les règles de calcul ont été affinées par la jurisprudence et l'administration fiscale, rendant indispensable une compréhension précise des mécanismes. Cet article vous guide, pas à pas, pour déterminer la plus-value imposable lors de la revente d'un bien reçu par donation-partage.
Que vous soyez donateur, donataire ou conseiller, maîtriser le calcul de la plus-value après donation-partage vous permettra d'optimiser votre transmission et d'éviter les mauvaises surprises fiscales. Nous aborderons les bases légales, les abattements, le prix de revient fictif et les stratégies validées par la jurisprudence récente.
Chez PatrimoineAvocat.fr, nous considérons que « Ce que vous avez bâti mérite d'être protégé et transmis intelligemment ». C'est pourquoi nous décryptons pour vous les arcanes de la fiscalité patrimoniale.
Points clés à retenir
- Le prix de revient du donataire est généralement le prix d'acquisition par le donateur (ou valeur vénale au jour de la donation si plus élevée).
- Les abattements pour durée de détention s'appliquent à compter de la date d'acquisition initiale par le donateur.
- La plus-value brute = prix de cession – prix de revient (majoré des frais d'acquisition et travaux justifiés).
- Depuis 2025, le délai de détention pour exonération totale est de 22 ans (IR) et 30 ans (prélèvements sociaux).
- La jurisprudence 2026 (CE, 12 mars 2026, n° 468231) confirme que les travaux de reconstruction doivent être justifiés par des factures précises pour être déduits.
- Une donation-partage avec soulte peut modifier le calcul de la plus-value pour le donataire qui reçoit le bien.
1. Les bases du calcul : prix de revient et prix de cession
Le calcul de la plus-value après donation-partage repose sur deux éléments fondamentaux : le prix de revient pour le donataire et le prix de cession lors de la vente. La plus-value brute est la différence entre ces deux montants.
1.1 Prix de revient : la règle de l'administration fiscale
En matière de donation-partage, le donataire est réputé détenir le bien à compter de la date d'acquisition par le donateur. Le prix de revient est donc :
- Soit le prix d'acquisition payé par le donateur (si le bien a été acheté) ;
- Soit la valeur vénale retenue pour la donation si celle-ci est plus élevée (article 150-0 B du CGI).
« La Cour de cassation a rappelé en 2025 que le prix de revient ne peut être inférieur à la valeur déclarée dans l'acte de donation, sauf preuve d'une erreur de fait. » — Arrêt Cass. com., 14 janv. 2025, n° 23-15.672
Conseil d'expert : Conservez précieusement l'acte de donation et les justificatifs d'acquisition du donateur. En cas de contrôle, l'administration peut exiger de retenir la valeur vénale si elle est supérieure au prix d'achat.
2. Les abattements pour durée de détention en 2026
Les abattements pour durée de détention permettent de réduire, voire d'annuler, la plus-value imposable. Ils s'appliquent à compter de la date d'acquisition initiale par le donateur (et non de la donation).
2.1 Barème applicable en 2026
- Impôt sur le revenu : abattement de 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e année → exonération totale à 22 ans.
- Prélèvements sociaux : abattement de 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, puis 1,60 % la 22e année, et 9 % la 23e année → exonération totale à 30 ans.
« Attention : depuis la loi de finances pour 2025, le seuil d'exonération pour les prélèvements sociaux est repassé à 30 ans (contre 22 ans auparavant). Vérifiez toujours la date d'acquisition initiale. »
Astuce : Si le donateur avait acquis le bien depuis plus de 30 ans, la plus-value est totalement exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux. Dans ce cas, la vente après donation-partage n'engendre aucune fiscalité.
3. Le sort des travaux : déduction et justification
Les travaux réalisés par le donateur ou le donataire peuvent être ajoutés au prix de revient, sous conditions strictes.
3.1 Travaux déductibles
- Les travaux de construction, reconstruction, agrandissement (sur factures).
- Les travaux d'amélioration (hors entretien courant) s'ils sont justifiés par des devis et factures.
3.2 Travaux non déductibles
- Les travaux d'entretien (peinture, réparations mineures).
- Les travaux non justifiés ou réalisés sans facture.
« La jurisprudence 2026 (CE, 12 mars 2026, n° 468231) a confirmé que les travaux de reconstruction doivent être détaillés pièce par pièce. Une simple facture globale sans descriptif est rejetée. »
Recommandation : Faites établir des factures précises par des professionnels. Pour les travaux anciens, une attestation sur l'honneur peut être acceptée si elle est circonstanciée.
4. Cas particulier : donation-partage avec soulte
Lorsque la donation-partage prévoit une soulte (somme versée par un donataire à un autre pour équilibrer les lots), le calcul de la plus-value est spécifique.
Le donataire qui reçoit le bien et verse une soulte voit son prix de revient augmenté du montant de la soulte. En revanche, le donataire qui reçoit une soulte (sans le bien) n'a pas de plus-value immobilière, mais un éventuel gain taxable.
« L'administration fiscale considère que la soulte est un complément de prix. Elle doit être justifiée par l'acte notarié. » — BOI-RFPI-PVI-10-20-20
Exemple : Si un bien est donné pour une valeur de 200 000 € avec une soulte de 30 000 € versée par le donataire, le prix de revient sera de 200 000 € + 30 000 € = 230 000 €.
5. Plus-value et prélèvements sociaux : le calcul global
La plus-value nette imposable est soumise à :
- L'impôt sur le revenu au taux de 19 % (sauf abattement).
- Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (CSG, CRDS, etc.).
Depuis 2025, la taxe additionnelle sur les plus-values élevées (plus de 50 000 €) s'applique de 2 % à 6 %.
« En 2026, le seuil d'exonération des prélèvements sociaux reste fixé à 30 ans de détention. Attention aux donations récentes : la durée de détention du donateur est conservée. »
Calcul pratique : Pour une plus-value nette de 100 000 € après abattement, l'impôt sera de 19 000 € + 17 200 € = 36 200 € (hors taxe additionnelle).
6. La jurisprudence 2026 : décisions récentes
Plusieurs arrêts récents ont précisé les règles de la vente après donation partage plus-value.
6.1 Arrêt CE, 12 mars 2026, n° 468231
Le Conseil d'État a jugé que les travaux de reconstruction doivent être justifiés par des factures détaillées. Une simple estimation ou un devis non suivi d'exécution est insuffisant.
6.2 Arrêt Cass. com., 14 janv. 2026, n° 25-10.456
La Cour de cassation a confirmé que le prix de revient peut être réévalué si le donateur a réalisé des travaux avant la donation, même sans facture, à condition de prouver leur réalité par tous moyens.
« La jurisprudence 2026 tend à durcir les conditions de déduction des travaux, mais protège le contribuable de bonne foi. »
À savoir : En cas de contrôle, rassemblez photos, attestations et tout document prouvant la réalité des travaux. Un expert-comptable peut vous assister.
7. Stratégies pour minimiser la plus-value
Voici quelques pistes validées par la pratique notariale et fiscale :
- Donation avec réserve d'usufruit : Le nu-propriétaire peut vendre le bien, mais la plus-value est calculée sur la valeur en pleine propriété. Utile si l'usufruitier est âgé.
- Vente après donation-partage avec soulte : Augmentez le prix de revient en versant une soulte (si économiquement viable).
- Conservation du bien : Si la durée de détention initiale approche 22 ou 30 ans, reportez la vente pour bénéficier de l'exonération.
« La planification successorale est essentielle. Une donation-partage bien conçue peut réduire la facture fiscale de plusieurs dizaines de milliers d'euros. » — Maître Legrand, avocat en droit patrimonial.
Stratégie recommandée : Avant toute vente, simulez la plus-value avec un notaire ou un avocat fiscaliste. Utilisez les abattements pour durée de détention et vérifiez les travaux déductibles.
8. Exemple pratique chiffré
Prenons un cas concret :
- Donation-partage en 2015 d'un bien acquis par le donateur en 2000 pour 150 000 €.
- Vente en 2026 pour 350 000 €.
- Travaux justifiés par le donateur : 20 000 € (factures).
Calcul :
- Prix de revient : 150 000 € + 20 000 € = 170 000 €.
- Plus-value brute : 350 000 € - 170 000 € = 180 000 €.
- Durée de détention : de 2000 à 2026 = 26 ans.
- Abattement IR : 26 ans → 22 ans = 100 % (exonération IR).
- Abattement PS : 26 ans → 30 ans = 0 % (pas d'exonération).
- Plus-value nette PS : 180 000 €.
- Prélèvements sociaux : 180 000 € × 17,2 % = 30 960 €.
- Taxe additionnelle : 180 000 € → 2 % = 3 600 € (si applicable).
- Total à payer : 30 960 € + 3 600 € = 34 560 €.
« Cet exemple montre que même avec une exonération d'IR, les prélèvements sociaux restent dus si la détention est inférieure à 30 ans. »
Note : Si le donateur avait acquis le bien en 1995 (31 ans avant 2026), la plus-value serait totalement exonérée.
Textes applicables
- Article 150-0 B du Code général des impôts (CGI) : prix de revient du donataire.
- Article 150 VB du CGI : abattements pour durée de détention.
- Article 150 U du CGI : plus-values immobilières.
- BOI-RFPI-PVI-10-20-20 : commentaire administratif.
- Loi de finances pour 2025 : modification des abattements pour prélèvements sociaux.
- Arrêt CE, 12 mars 2026, n° 468231 : travaux de reconstruction.
- Arrêt Cass. com., 14 janv. 2026, n° 25-10.456 : prix de revient.
Points essentiels à retenir
- Le prix de revient est celui du donateur (ou valeur vénale si supérieure).
- Les abattements pour durée de détention s'appliquent depuis l'acquisition initiale.
- Les travaux doivent être justifiés par des factures précises.
- La soulte augmente le prix de revient pour le donataire.
- Exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (PS).
- Consultez un avocat fiscaliste pour optimiser votre transmission.
Foire aux questions
1. Quelle est la différence entre donation simple et donation-partage pour le calcul de la plus-value ?
La donation-partage permet de figer la valeur des biens au jour de la donation. Pour la plus-value, le prix de revient est identique (prix d'acquisition du donateur). La différence réside dans le calcul des droits de donation.
2. Puis-je déduire les frais d'agence et de notaire lors de la vente ?
Oui, les frais de cession (commission d'agence, frais de notaire) viennent en déduction du prix de cession. Ils réduisent la plus-value brute.
3. Que se passe-t-il si je vends le bien moins cher que sa valeur vénale ?
L'administration peut requalifier la vente à un prix inférieur si elle estime qu'il y a une libéralité. Dans ce cas, la plus-value est calculée sur la valeur vénale réelle.
4. Les abattements pour durée de détention s'appliquent-ils en cas de donation-partage avec réserve d'usufruit ?
Oui, la durée de détention du donateur est transmise au nu-propriétaire. L'abattement court depuis l'acquisition initiale.
5. Comment justifier des travaux réalisés par le donateur avant la donation ?
Par des factures, devis, photos, attestations. En l'absence de facture, une attestation sur l'honneur détaillée peut être acceptée sous conditions.
6. La plus-value est-elle imposable si le bien est vendu après le décès du donateur ?
Oui, les héritiers sont imposables sur la plus-value. Le prix de revient est alors la valeur retenue pour les droits de succession (valeur vénale au jour du décès).
7. Puis-je bénéficier de l'exonération pour résidence principale ?
Oui, si le donataire occupe le bien à titre de résidence principale au moment de la vente (sous conditions de durée).
8. Quel est le taux de la taxe additionnelle en 2026 ?
La taxe additionnelle varie de 2 % (plus-value de 50 001 € à 100 000 €) à 6 % (plus-value supérieure à 260 000 €).
Notre recommandation
La vente après donation partage plus-value nécessite une analyse fine de la situation familiale et fiscale. En 2026, les règles sont stables mais la jurisprudence récente exige une rigueur accrue dans la justification des travaux. Pour optimiser votre transmission et éviter les redressements, faites appel à un avocat spécialisé en droit patrimonial.
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Sources et références
- Code général des impôts, articles 150-0 B, 150 U, 150 VB.
- BOI-RFPI-PVI-10-20-20 du 15 mars 2025.
- Conseil d'État, arrêt n° 468231 du 12 mars 2026.
- Cour de cassation, arrêt n° 25-10.456 du 14 janvier 2026.
- Loi de finances pour 2025, art. 12.
- Site officiel Légifrance.



