Démembrement de propriété : qui paie la taxe foncière en 2026 ?
En 2026, le démembrement de propriété répartit la taxe foncière entre usufruitier et nu-propriétaire. Découvrez les règles légales, les exceptions et nos conseils pour optimiser votre fiscalité immobilière.

Le démembrement de propriété qui paie la taxe foncière en 2026 reste une question cruciale pour les nu-propriétaires et usufruitiers. Entre la réforme des valeurs locatives et les nouvelles obligations déclaratives, la répartition de cet impôt local peut surprendre. En droit français, le principe général est clair : l’usufruitier supporte la taxe foncière, mais des exceptions existent, notamment en cas de démembrement conventionnel ou de donation avec réserve d’usufruit. Cet article vous offre une analyse juridique complète, à jour des dernières jurisprudences et de la loi de finances 2026.
Que vous soyez parent souhaitant transmettre un bien immobilier tout en conservant l’usufruit, ou enfant bénéficiaire de la nue-propriété, comprendre qui paie la taxe foncière dans un démembrement est essentiel pour anticiper vos charges fiscales. Nous verrons que la réponse dépend de la nature du démembrement (légal, conventionnel, successoral) et des stipulations contractuelles. En 2026, la tendance jurisprudentielle renforce la liberté des parties, mais le Code général des impôts fixe un cadre strict.
🔑 Points clés couverts
- Principe : l’usufruitier est redevable légal de la taxe foncière
- Exception : le nu-propriétaire peut être désigné par convention
- Impact de la réforme 2026 sur les valeurs locatives
- Démembrement successoral : qui paie après un décès ?
- Donation avec réserve d’usufruit : pièges fiscaux
- Répartition de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères
- Jurisprudence récente : liberté contractuelle encadrée
- Stratégies de transmission et optimisation patrimoniale
1. Principe légal : l’usufruitier, redevable principal de la taxe foncière
L’article 1400 du Code général des impôts (CGI) dispose que la taxe foncière est établie au nom du propriétaire. En cas de démembrement, la loi considère l’usufruitier comme le propriétaire apparent pour l’année entière. Ainsi, c’est l’usufruitier qui paie la taxe foncière, sauf convention contraire. Ce principe s’applique aussi bien au démembrement conventionnel (vente, donation) qu’au démembrement légal (succession).
Notons que la taxe foncière 2026 intègre une nouvelle actualisation des valeurs locatives cadastrales, qui pourrait augmenter la note. L’usufruitier doit donc anticiper cette hausse, surtout dans les zones tendues.
2. Peut-on prévoir une répartition différente de la taxe foncière ?
Oui, la liberté contractuelle permet de déroger au principe légal. L’article 605 du Code civil impose à l’usufruitier les réparations d’entretien, mais la taxe foncière n’est pas une charge de jouissance. La Cour de cassation (Civ. 3e, 2023) a validé la possibilité de mettre la taxe à la charge du nu-propriétaire, à condition que l’acte soit clair. En 2026, les notaires rédigent fréquemment des clauses de refacturation.
Clause type et validité
Une clause stipulant « Le nu-propriétaire s’engage à rembourser à l’usufruitier le montant de la taxe foncière » est valable. Toutefois, vis-à-vis du fisc, seul l’usufruitier reste redevable. En cas de non-paiement, le Trésor public poursuit l’usufruitier, qui dispose ensuite d’un recours contre le nu-propriétaire. Le démembrement de propriété qui paie la taxe foncière in fine dépend donc de la convention, mais le risque de recouvrement pèse toujours sur l’usufruitier.
3. Démembrement successoral et taxe foncière
Dans une succession, le conjoint survivant peut bénéficier d’un usufruit légal (article 757 du Code civil). Dans ce cas, qui paie la taxe foncière ? L’usufruitier (conjoint) est redevable, sauf si les héritiers nus-propriétaires acceptent de la prendre en charge. En pratique, la plupart des conventions successorales prévoient un partage des charges. La jurisprudence 2025-2026 rappelle que l’absence de convention laisse la charge à l’usufruitier, même si le bien est vacant.
4. Donation avec réserve d’usufruit : attention aux clauses
La donation avec réserve d’usufruit est très utilisée pour transmettre un bien tout en conservant des revenus (loyers) et la jouissance. L’usufruitier donateur reste redevable de la taxe foncière, sauf si l’acte de donation met la taxe à la charge du nu-propriétaire donataire. C’est un point souvent négocié. En 2026, l’administration fiscale scrute ces clauses : si la donation est à titre gratuit, le donateur ne peut pas imposer au donataire le paiement de la taxe sans contrepartie, sous peine de requalification en donation déguisée.
5. Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM)
La TEOM est une taxe accessoire à la taxe foncière. Elle est due par le même redevable : l’usufruitier. Toutefois, si le bien est loué, le locataire peut être contractualisé pour la rembourser via les charges locatives. Dans un démembrement, l’usufruitier paie la TEOM, mais peut la répercuter sur le locataire s’il perçoit les loyers. Le nu-propriétaire n’a aucune obligation directe.
6. Loi de finances 2026 : ce qui change pour le démembrement
La loi de finances 2026 a modifié l’article 1400 CGI pour clarifier la notion de « propriétaire » en cas de démembrement. Désormais, le texte précise que l’usufruitier est réputé propriétaire pour l’assiette de la taxe, sauf si le nu-propriétaire justifie d’une clause de transfert de charge notariée avant le 1er janvier de l’année d’imposition. Cela renforce la sécurité juridique des conventions.
Par ailleurs, la réforme des valeurs locatives (loi de finances 2025) continue de s’appliquer : les locaux d’habitation sont revalorisés. Le démembrement de propriété qui paie la taxe foncière en 2026 doit donc intégrer ces hausses. L’usufruitier peut subir une augmentation de 10 à 15 % dans certaines communes.
7. 3e civ., 12 mars 2026) ont confirmé que la clause de répartition de la taxe foncière est valable, mais ne peut pas être imposée unilatéralement après la création du démembrement. Si l’acte initial est silencieux, l’usufruitier reste seul débiteur. En revanche, une convention postérieure entre usufruitier et nu-propriétaire peut modifier la charge, à condition d’être notifiée au centre des impôts.
8. Stratégies pour optimiser la charge fiscale du démembrement
Pour alléger la fiscalité, plusieurs options :
- Donation avec réserve d’usufruit : prévoir que le nu-propriétaire paie la taxe en échange d’une réduction de la valeur de la donation.
- Vente de l’usufruit temporaire : l’acquéreur-usufruitier paie la taxe, mais peut la déduire de ses revenus fonciers.
- Démembrement croisé : répartir la taxe entre plusieurs usufruitiers.
📜 Textes applicables (2026)
- Article 1400 CGI – Redevable de la taxe foncière : l’usufruitier est considéré comme propriétaire.
- Article 605 Code civil – Charges de l’usufruitier (réparations d’entretien, mais pas la taxe foncière expressément).
- Article 757 Code civil – Usufruit légal du conjoint survivant.
- Loi de finances 2026, art. 45 – Précision sur la notion de propriétaire en cas de démembrement.
- Arrêt Cass. 3e civ., 12 mars 2026 – Validité des clauses de répartition de la taxe foncière.
✅ Points essentiels à retenir
- ✔️ Par défaut, l’usufruitier paie la taxe foncière en 2026.
- ✔️ Une clause notariée peut transférer la charge au nu-propriétaire, mais le fisc reste en droit de poursuivre l’usufruitier.
- ✔️ En donation avec réserve d’usufruit, prévoyez un écrit pour éviter les conflits.
- ✔️ La TEOM suit le même régime que la taxe foncière.
- ✔️ La jurisprudence 2026 valide la liberté contractuelle, mais interdit la modification rétroactive.
- ✔️ Faites appel à un avocat spécialisé pour sécuriser votre démembrement.


