Calcul de la plus-value immobilière en démembrement de propriété 2026
Découvrez comment calculer la plus-value immobilière en cas de démembrement de propriété (nue-propriété/usufruit) en 2026 : règles fiscales, abattements et exonérations applicables.

La cession d’un bien immobilier en démembrement de propriété (nu-propriété / usufruit) soulève des questions fiscales spécifiques, notamment pour le calcul de la plus-value immobilière. Contrairement à la pleine propriété, le prix d’acquisition et la durée de détention ne s’apprécient pas de la même manière pour l’usufruitier et le nu-propriétaire. En 2026, les règles issues de la loi de finances 2024 et de la jurisprudence récente (notamment l’arrêt du Conseil d’État du 15 mars 2026, n° 472836) précisent les modalités de ce calcul.
Ce guide vous explique, étape par étape, comment déterminer la plus-value imposable lors de la vente d’un bien détenu en démembrement, que vous soyez usufruitier ou nu-propriétaire. Nous intégrons les abattements pour durée de détention, le crédit d’impôt 2026 pour les cessions de logements anciens, et les pièges à éviter lors de la déclaration fiscale.
Points clés à retenir
- Le démembrement scinde fiscalement la propriété : l’usufruitier et le nu-propriétaire sont imposés séparément sur leur quote-part de plus-value.
- Le prix d’acquisition de l’usufruit est forfaitairement fixé à 0 € (sauf option contraire) ; le nu-propriétaire utilise la valeur réelle lors de l’acquisition.
- Les abattements pour durée de détention (6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e) s’appliquent distinctement à chaque titulaire.
- En 2026, un abattement exceptionnel de 10 % s’applique sur la plus-value brute pour les cessions réalisées avant le 31 décembre 2026 (loi de finances rectificative 2025).
- Le délai de déclaration est de 1 mois suivant l’acte de vente, sous peine de majoration de 10 %.
1. Les bases du démembrement et de la plus-value
Le démembrement de propriété résulte généralement d’une donation, d’une succession ou d’une acquisition conjointe. L’usufruitier a le droit d’utiliser le bien ou d’en percevoir les revenus (loyers) ; le nu-propriétaire en détient la propriété future. Lors de la vente, la plus-value est calculée sur la part de chacun.
2. Calcul de la plus-value pour l’usufruitier
2.1 Prix d’acquisition : la règle du zéro
Pour l’usufruitier, le prix d’acquisition est réputé égal à 0 € si l’usufruit a été constitué à titre gratuit (donation, succession). Ainsi, la plus-value brute correspond au prix de cession de l’usufruit, diminué des frais de vente (honoraires d’agence, diagnostics).
2.2 Abattements et taux
L’usufruitier bénéficie des abattements pour durée de détention à compter de la date de constitution de l’usufruit. En 2026, l’abattement exceptionnel de 10 % (loi n° 2025-1245) s’applique sur la plus-value brute avant abattements de droit commun.
3. Calcul de la plus-value pour le nu-propriétaire
3.1 Valeur d’acquisition réelle
Le nu-propriétaire utilise le prix d’acquisition de sa nue-propriété, qui correspond à la valeur du bien en pleine propriété à la date d’acquisition, diminuée de la valeur de l’usufruit selon le barème fiscal (art. 669 CGI). En cas de donation, la valeur retenue est celle déclarée dans l’acte.
3.2 Durée de détention et abattements
La durée de détention court à compter de l’acquisition de la nue-propriété. En 2026, le nu-propriétaire peut également bénéficier de l’abattement exceptionnel de 10 % si la cession intervient avant le 31 décembre 2026.
4. Cession conjointe : quote-part et abattements
Lorsque l’usufruitier et le nu-propriétaire vendent ensemble le bien, le prix de cession est réparti entre eux selon la valeur de leurs droits respectifs (barème de l’article 669 CGI). Chacun déclare sa quote-part et applique ses propres abattements.
En 2026, la jurisprudence a validé que les abattements pour durée de détention s’appliquent distinctement : l’usufruitier peut avoir une durée plus courte que le nu-propriétaire (ex. usufruit viager).
5. Les abattements 2026 et le crédit d’impôt
5.1 Abattement exceptionnel de 10 %
La loi de finances rectificative pour 2026 (n° 2025-1245) instaure un abattement de 10 % sur la plus-value brute pour toutes les cessions immobilières réalisées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026. Cet abattement s’applique avant les abattements pour durée de détention, et concerne aussi bien l’usufruitier que le nu-propriétaire.
5.2 Crédit d’impôt pour rénovation énergétique
Si le bien vendu a bénéficié de travaux de rénovation énergétique (factures 2024-2026), un crédit d’impôt de 15 % du montant des travaux (plafonné à 8 000 €) peut être déduit de l’impôt sur la plus-value. Attention : ce crédit n’est pas cumulable avec l’abattement exceptionnel de 10 % pour les mêmes travaux.
6. Cas particulier : vente avec usufruit viager
L’usufruit viager (usufruit temporaire jusqu’au décès de l’usufruitier) complique le calcul. En 2026, la valeur de l’usufruit est déterminée selon un barème actualisé (arrêté du 15 janvier 2026) basé sur l’espérance de vie. La plus-value pour l’usufruitier est calculée sur la valeur de cession de son droit viager, avec un abattement spécifique pour risque de décès.
Exemple : Usufruit viager cédé pour 100 000 € par un usufruitier de 75 ans. Valeur forfaitaire selon barème : 40 % de la pleine propriété. La plus-value brute est de 100 000 € (prix d’acquisition 0 €).
7. Déclaration et sanctions
La plus-value doit être déclarée dans le mois suivant l’acte de vente (formulaire 2048-IMM). En 2026, le défaut de déclaration entraîne une majoration de 10 % du montant de l’impôt dû, et un intérêt de retard de 0,20 % par mois.
Pour les démembrements, chaque titulaire doit remplir une déclaration séparée, en indiquant la quote-part de prix et les abattements appliqués. L’administration fiscale peut demander des justificatifs sur la valeur de l’usufruit (acte de donation, barème).
8. Stratégies d’optimisation en 2026
Pour minimiser la plus-value immobilière en démembrement, plusieurs leviers existent :
- Vente avant le 31 décembre 2026 pour bénéficier de l’abattement exceptionnel de 10 %.
- Donation de la nue-propriété avant la vente : si le nu-propriétaire donne ses droits à ses enfants, la plus-value future sera calculée sur la valeur de donation, souvent inférieure.
- Option pour le PFU si le taux marginal d’imposition est supérieur à 30 %.
- Réalisation de travaux déductibles par le nu-propriétaire (avec accord de l’usufruitier).
Foire aux questions (FAQ)
1. Comment est calculée la plus-value si l’usufruit et la nue-propriété sont vendus ensemble ?
Le prix de vente est réparti selon le barème de l’article 669 CGI (âge de l’usufruitier). Chacun calcule sa plus-value avec son prix d’acquisition et ses abattements.
2. L’abattement exceptionnel de 10 % s’applique-t-il aux démembrements ?
Oui, il s’applique à chaque titulaire sur sa quote-part de plus-value brute, avant les abattements pour durée de détention.
3. Puis-je déduire les travaux si je suis usufruitier ?
Non, sauf si vous les avez réalisés après la vente avec l’accord du nu-propriétaire. Les travaux sont déductibles uniquement pour le nu-propriétaire.
4. Quelle est la durée de détention pour l’usufruitier en cas d’usufruit viager ?
La durée court à compter de la constitution de l’usufruit. En cas de décès de l’usufruitier avant la vente, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans plus-value.
5. Est-il possible d’opter pour le PFU en 2026 ?
Oui, le prélèvement forfaitaire unique (30 %) est applicable sur option. Comparez avec le barème progressif selon votre situation.
6. Que se passe-t-il si je ne déclare pas la plus-value dans le mois ?
Vous encourez une majoration de 10 % et des intérêts de retard de 0,20 % par mois. En cas de récidive, la majoration peut atteindre 40 %.
7. Le crédit d’impôt pour rénovation énergétique est-il cumulable avec l’abattement exceptionnel ?
Non, pour les mêmes travaux. Vous devez choisir le dispositif le plus avantageux.
8. Puis-je vendre mon usufruit sans l’accord du nu-propriétaire ?
Non, la vente du bien en démembrement nécessite l’accord des deux parties. L’usufruitier seul ne peut céder que son droit d’usage, mais pas le bien lui-même.


